Flash scientifique Global-Watch et pistes d’action

Gérer le stress de la quarantaine

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Étienne Fouquet

Étienne Fouquet est étudiant au doctorat en administration des affaires (DBA) de l’Université de Sherbrooke. Ses recherches portent sur le comportement des personnes au travail.

Les contenus en trame mauve constituent les recommandations du doctorant.

Vous vous sentez stressés, anxieux ou il vous arrive de paniquer à l’idée de devoir rester enfermé à la maison pour une période de temps indéterminée? Si ce sentiment est normal, comment y remédier? En repérant et en agissant sur les principaux facteurs de stress liés à la quarantaine.[1]

Cette initiative est soutenue par le Scientifique en Chef du Québec avec les Fonds de recherche du Québec.

 

Qu’entend-t-on par?

Quarantaine

Séparation et restriction des mouvements des personnes qui ont été potentiellement exposées à une maladie contagieuse, réduisant ainsi le risque qu’elles infectent d’autres personnes.

Isolement

Séparation des personnes qui ont reçu un diagnostic de maladie contagieuse de celles qui ne sont pas malades.

Confinement

Procédure de mise à l’écart en espace clos, volontaire ou forcée, qui vise la protection des personnes contre une menace à leur sécurité.

 

QUE RÉVÈLE L’ÉTUDE?

L’étude révèle les principaux facteurs de stress associés à la quarantaine. Si vous vous reconnaissez dans ces facteurs de stress, sachez que vous n’êtes pas seul. Il est important d’en prendre conscience pour mieux se préparer pour les affronter. Nous formulons plus bas des recommandations pour vous accompagner.

 

Subir une quarantaine qui se prolonge

Plus la quarantaine est prolongée, plus vous risquez de vivre du stress ou de la détresse psychologique. Une quarantaine qui perdure au-delà de 10 jours est plus susceptible d’augmenter la détresse psychologique.

 

Vivre avec la peur d’être infecté

Cette peur est normale. Elle sera toutefois davantage ressentie chez les aînés, les parents de jeunes enfants et les femmes enceintes.

 

Ressentir de la frustration et de l’ennui

Le confinement, le changement de routine et la réduction des contacts sociaux et physiques avec les autres peuvent provoquer de l’ennui, de la frustration et un sentiment d’isolement. Ces sentiments peuvent générer du stress et de l’anxiété, de même qu’une hygiène de vie altérée (moins d’occasions de s’alimenter sainement ou de bouger).

 

Avoir un accès limité aux produits de consommation courante

L’accès aux produits de consommation de base (p. ex.: nourriture ou vêtements) peut représenter une grande source de stress, surtout lorsque cet accès peut évoluer rapidement (p. ex. : fermeture rapide de certains magasins).

 

Craindre pour ses finances

La perte ou la crainte de perdre son emploi, l’incertitude face aux revenus ou aux finances personnelles peuvent entraîner un sentiment de perte de contrôle, voire engendrer de la détresse psychologique.

 

 

CE QUI PEUT ÊTRE FAIT POUR GÉRER SON STRESS

Quarantaine n’égale pas isolement social

Bien qu’une quarantaine nous force à demeurer chez soi, elle ne doit pas être synonyme d’isolement social. Il est primordial :

  • d’activer votre réseau social, à distance par les réseaux sociaux, le téléphone ou encore les applications de communication virtuelle en face à face;
  • de communiquer de façon régulière avec la famille et les amis;
  • d’utiliser les lignes d’écoute mises à disposition.[2]

Attention à la surinformation

En période de crise et de stress, vous chercherez à obtenir le plus d’information possible, que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur les chaînes d’information. Ce désir d’augmenter votre sentiment de contrôle peut toutefois avoir des effets pervers en raison de la circulation d’information erronée ou contradictoire. Ainsi, il est possible de :

  • vous limiter à consulter certains médias qui semblent les plus crédibles;
  • vous informer sur les sites des autorités et de la santé publique;
  • d’éviter de faire des recherches sur les symptômes potentiels de maladies et tenter de vous diagnostiquer vous-même. Il vaut mieux communiquer avec un professionnel de la santé pour ne pas créer de panique inutile.

Miser sur une saine hygiène de vie

L’hygiène de vie est particulièrement importante en période de quarantaine, car elle permet d’améliorer le sommeil et de se protéger contre les risques liés à la maladie.

  • Mangez sainement : bien manger permet de mieux se protéger contre la maladie.

En période de quarantaine, le temps n’est plus un ennemi de la santé. Il peut être intéressant de prendre le temps de cuisiner.

  • Dormez bien : en quarantaine, il est possible que l’envie de dormir prenne le dessus, puisque la routine disparaît. Certains pourraient plutôt vivre des épisodes d’insomnie. Une stratégie pour favoriser un sommeil réparateur consiste à développer une routine, c’est-à-dire de vous coucher et de vous lever à la même heure chaque jour.
  • Faites de l’activité physique : il est important de bouger même en quarantaine. L’activité physique améliore le sommeil, combat le stress et la déprime et améliore la capacité de faire face à la maladie.

Il existe des classes virtuelles et gratuites sur le web qui requièrent très peu de matériel et qui peuvent être faites à la maison.

POUR CITER CE FLASH SCIENTIFIQUE GLOBAL-WATCH

Fouquet, E. (2020). Gérer le stress de la quarantaine. Flash scientifique Global-Watch, disponible sur www.global-watch.com

Flash rédigé sous la direction de France St-Hilaire, professeure agrégée en ressources humaines à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke.

POUR CITER L’ARTICLE ORIGINAL DE L’ÉTUDE

Brooks, S. K., Webster, R. K., Smith, L. E., Woodland, L., Wessely, S., Greenberg, N., & Rubin, G. J. (2020). The psychological impact of quarantine and how to reduce it: rapid review of the evidence. The Lancet, 395(1), 912-920.doi: https://doi.org/10.1016/S0140-6736(20)30460-8

[1] Synthèse des principaux résultats d’une étude récente.

[2] Au Québec : ligne info du coronavirus au 1 877 644-4545, soutien psychologique sur les lignes d’Écoute Entraide, Sans frais : 1 855 EN LIGNE (365-4463) En France : ligne d’information sur la COVID-19 (0800 130 000, 24h/24 et 7j/7), soutien psychologique sur les lignes de Croix Rouge Écoute (0800 858 858, 10h à 22h en semaine, 12h à 18h le week-end, 7j/7), ou SOS Amitié (09 72 39 40 50, 24h/24, 7j/7

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