FLASH SCIENTIFIQUE GLOBAL-WATCH ET PISTES D’ACTION

« Like-moi »! Sur les réseaux sociaux pour contrer la distanciation sociale : entre l’engagement au travail et le risque de dépendance.

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Nancy Youssef

Nancy Youssef est candidate au doctorat en administration des affaires (DBA) à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke. Elle s’intéresse au lien entre le champ de pratique de droit et le mieux-être au travail.

Les contenus en trame mauve constituent les recommandations du doctorant.

La distanciation physique imposée par la pandémie favorise plus que jamais l’utilisation des médias sociaux, et ce, à la fois dans notre vie personnelle et professionnelle. Comment trouver le juste équilibre entre les avantages et les inconvénients de l’utilisation des médias sociaux pour les employeurs et les travailleurs?

Cette initiative est soutenue par le Scientifique en Chef du Québec avec les Fonds de recherche du Québec.

 

Saviez-vous que? *

  • 97,3% des travailleurs du savoir (ceux et celles qui produisent, diffusent ou vendent des connaissances; p. ex. : enseignants, avocats, médecins; professionnels de l’administration) utilisent les médias sociaux durant le temps de travail.
  • La moyenne d’utilisation est de 39 minutes par journée de travail.
  • La moyenne d’utilisation des médias sociaux pour des fins non professionnelles est de 4,6 minutes par heure de travail.

 

Qu’entend-t-on par?

Interaction sociale dans les médias sociaux [1]

Les médias sociaux sont des applications web qui permettent de créer, de partager et d’échanger de l’information et du contenu avec d’autres personnes en ligne (p. ex. : Facebook, Twitter, LinkedIn). Les interactions sociales sont au cœur des médias sociaux qui permettent ainsi de répondre aux besoins des individus d’être en relation les uns avec les autres.

Engagement au travail [2]

Se caractérise par la vigueur, le dévouement et le fait d’être absorbé.e par son travail. Se traduit par un investissement élevé d’énergie mentale et physique, de la persévérance, la volonté de s’impliquer pleinement dans son travail avec un sentiment de fierté et d’enthousiasme. Les travailleurs engagés sont plus susceptibles de se dévouer et de travailler pleinement concentrés.

Réactions aux médias sociaux [3]

La lecture des publications sur les médias sociaux peut fait naître des émotions négatives (p. ex. : de la colère ou de la jalousie). Les réactions émotionnelles négatives en réaction à des informations publiées par des collègues sur les médias sociaux peuvent avoir des effets néfastes sur la santé des travailleurs et sur la productivité des organisations.

Dépendance aux médias sociaux [3]

Une utilisation excessive et compulsive des médias sociaux (p. ex. : ressentir le besoin d’utiliser les médias sociaux constamment ou devenir agité et troublé en cas d’interdiction ou d’impossibilité de les utiliser), et ce, au détriment de la réalisation d’activités des autres sphères de vie (p. ex. : réaliser ses heures de travail ou passer du temps en famille).

 

QUE RÉVÈLENT DEUX ÉTUDES RÉCENTES?

L’utilisation des médias sociaux comme moment de pause augmente l’engagement au travail. *

L’utilisation planifiée des médias sociaux (p. ex. : faire une micropause) augmente l’engagement du travailleur dans l’heure de travail qui suit. De plus, l’utilisation des médias sociaux lorsque le travailleur ressent une baisse d’énergie ou qu’il a une baisse d’intérêt temporaire pour une tâche augmente son engagement plus tard dans la journée. Toutefois, une utilisation en continu des médias diminue l’engagement au travail.

 

La dépendance aux médias sociaux augmente le conflit travail-vie personnelle et, conséquemment, la performance au travail diminue. **

Le temps et l’énergie investis dans les médias sociaux diminuent le temps et l’énergie qui seront consacrés aux activités personnelles-familiales et professionnelles.
 

Plus les réactions du travailleur aux médias sociaux sont importantes, plus le risque d’épuisement professionnel augmente et, conséquemment, la performance au travail diminue. **

Les réactions (p. ex. : envie et jalousie) à de l’information publiée sur les médias sociaux (p. ex. : publications des collègues) contribuent à épuiser les ressources émotionnelles et, conséquemment, peuvent mener à l’épuisement professionnel.

 

 

QUE PEUVENT FAIRE LES EMPLOYEURS ET LES TRAVAILLEURS?

POUR LES EMPLOYEURS

POUR LES TRAVAILLEURS

Encadrez l’utilisation des médias sociaux

  • * Évitez de surveiller, de restreindre ou de bloquer l’accès aux médias sociaux; les travailleurs pourraient l’interpréter comme un manque de confiance, ce qui diminuerait leur motivation et leur bien-être. De plus, les travailleurs trouveront d’autres façons de consulter les médias (p. ex. : en configurant connexions de réseau privé virtuel pour accéder à des sites Web interdits ou encore en utilisant leur téléphone cellulaire personnel).
  • Établissez une politique d’utilisation claire des médias sociaux qui inclura les modalités de respect de la vie privée et la confidentialité, mais également les mesures disciplinaires en cas d’utilisation inappropriée ou illégale. Diffusez et formez vos travailleurs à cette politique.
  • Rappelez-vous que les médias sociaux sont des interactions virtuelles et que les mêmes codes de conduite s’appliquent que pour les interactions sociales en présentiel (p. ex. : respect, professionnalisme).

  • ** Prenez conscience du temps et de l’énergie que vous investissez dans l’utilisation des médias sociaux et des répercussions personnelles et professionnelles que vous vivez.

Gérez le temps d’utilisation des médias sociaux

  • ** Prenez soin d’informer des plages horaires recommandées (p. ex. : début et fin de journée ou lors des pauses) pour l’utilisation des médias sociaux par les travailleurs.
  • ** Afin de délimiter le temps consacré aux médias sociaux et réduire les risques de dépendance, vous pouvez recommander l’installation de minuteries qui démarrent lorsque les applications de médias sociaux sont ouvertes et qui avertissent le travailleur après un certain temps d’utilisation.
  • ** Délimitez des moments spécifiques de la journée pour consulter les médias sociaux plutôt que de les consulter en continu. Une utilisation ponctuelle favorise la récupération alors qu’une utilisation continue est associée à l’épuisement.

Proposez d’autres modes d’interaction pour contrer l’isolement social

  • Offrez d’autres alternatives pour que les employés puissent interagir entre eux dans un contexte de travail à distance (p. ex. : des plateformes collaboratives qui permettent le clavardage et les appels vidéo).
  • Organisez des rencontres vidéo virtuelles afin d’échanger sur d’autres tâches que le travail ou encore prendre quelques minutes à la fin des réunions de travail pour échanger informellement.
  • Organisez des rencontres vidéo virtuelles afin d’échanger sur d’autres tâches que le travail.
POUR CITER CE FLASH SCIENTIFIQUE GLOBAL-WATCH

Youssef, N. (2020). « Like-moi »! Sur les réseaux sociaux pour contrer la distanciation sociale : entre l’engagement au travail et le risque de dépendance. Flash scientifique Global-Watch, disponible sur www.global-watch.com

Flash rédigé sous la direction de France St-Hilaire, professeure agrégée en ressources humaines à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke.

POUR CITER LES ARTICLES ORIGINAUX DES ÉTUDES

Syrek, C. J., Kühnel, J., Vahle-Hinz, T., & De Bloom, J. (2018). Share, like, twitter, and connect: Ecological momentary assessment to examine the relationship between non-work social media use at work and work engagement. Work & Stress, 32(3), 209-227.

Zivnuska, S., Carlson, J. R., Carlson, D. S., Harris, R. B., & Harris, K. J. (2019). Social media addiction and social media reactions: The implications for job performance. The Journal of Social Psychology, 159(6), 746-760.

[1] Adaptée de Zivnuska et al. (2019) et de Syrek et al. (2018)

[2] Adaptée de Syrek et al. (2018)

[3] Adaptée de Zivnuska et al. (2019)

* Syrek et al. (2018)

** Zivnuska et al. (2019)

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